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Desire of revenge ϟ chapitre 0.

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Jeu 3 Nov - 17:00
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Desire of revenge
chapitre 0


« Guerriers, en avant ! »

La voix du meneur sonna comme une insulte à travers le silence lourd, en une sorte de mélange entre l’appréhension, l’espoir simulé et le fatalisme. Le vent battait la plaine, courbant l’échine des matous, et sans prononcer un mot, ils se mirent en chemin sous la morsure glaciale de l’hiver. Sans tourner la tête, ils s’éloignèrent de la terre de leurs ancêtres, qui pendant des hivers avaient été leur camp et leur chez-eux, le théâtre de leurs cris et de leurs amours, avec dans le cœur la certitude qu’ils ne le reverraient jamais. Derrière eux, on apercevait les lumières jaunes des monstres, sans cesse plus près, sans cesse plus menaçants, sans cesse plus monstrueux.
Ils ne savaient plus quand est-ce qu’ils avaient réalisé qu’ils s’étaient laissé prendre au piège. Les Bipèdes avaient toujours été des éléments présents de leur vie. Au début, c’était des légendes, qu’on devinait au loin, comme des farfadets ou des elfes démesurés, peut-être plutôt des orcs ou des ogres ; puis ils étaient devenus des êtres à part entière, que l’on pouvait apercevoir quand on s’éloignait trop du camp, et dont on racontait des histoires pour faire peur aux petits ; enfin, ils étaient devenus des voisins, et il ne passait plus un seul jour sans voir des pieds fouler la terre des félins, jadis vierge de toute trace de semelle. Peut-être est-ce que c’était là, ouais, là, ce devait bien être là qu’ils avaient compris que maintenant, il était trop tard pour pouvoir jouer à la guerre. Les quatre Clans n’avaient pas eut besoin de parlementer longtemps pour avoir un accord de paix : très vite, le sentiment que leur vie était mise en danger par les monstres qui traversaient leur territoire avait pris le dessus, et d’un commun accord, ils avaient compris qu’un exode s’imposait.
Alors ils étaient partis, tous, sans jeter un regard à leurs anciennes terres, à la fin de l’automne, quand la nuit se faisait plus noire et le jour plus terne, parce qu’ils avaient trop attendus et que désormais, ils n’avaient plus le choix. Les plus pessimistes disaient qu’ils auraient mieux fait d’attendre la mort chez eux ; à ceux-là, certains répondaient que peu importait qu’ils meurent ici ou là-bas, dans le tombeau on ne se souvient plus, et ceux-ci, on les traitait d’impies, car ils ne croyaient pas même en le clan des Etoiles. Les tensions se multipliaient, mais tous étaient trop épuisés, trop apeurés d’être seuls pour avoir le courage de se lancer dans une bataille. On se contentait de ronger son frein en silence.
Et puis on arriva ; c’était presque trop beau. Les Bipèdes les avaient chassés de leurs villes ? Soit ! Ils venaient de tomber nez à nez avec une cité rendue à la nature, d’où ils virent encore quelques bipèdes, peut être une dizaine, à peine plus, une grande et belle cité qui leur semblait promise.


« Alpha, qui sont ces gens ? »
« Je ne sais pas. Mais crois moi, bientôt ce sera clair. »
« Ils vont entendre parler des Vagabonds ! »
« Non, petit Epsilon, non … Ne pars pas au quart de tour, j’ai une bien meilleure idée … »


Les premiers jours sur leur terre promise furent parfaits. La nourriture, certes difficile à trouver, était présente, et après de nombreuses nuits dans le froid, ils trouvèrent enfin des maisons inhabitées dans lesquelles ils purent s’introduire et s’installer. Passant l’hiver en sécurité, ils se reconstituèrent de petits camps, trop occupés à reconstruire leur vie pour prendre conscience des yeux brillants qui les scrutaient perpétuellement. Et puis peu à peu, les quatre clans, chacun de leur côté, réalisèrent que quelque chose clochait. Dans les territoires qu’ils s’étaient attribués, ils sentirent que les proies étaient moins nombreuses ; leurs vieilles rivalités ancestrales se réveillèrent et au fond des yeux, aux assemblées, on sentait une tension brûlante. Son apogée fut lorsque des guerriers furent blessés par des félins qu’ils ne reconnurent pas. Pensant défendre leur territoire, ils se battirent avec ces intrus, et lorsqu’ils rentrèrent au camp et firent le compte rendu de l’attaque, on mit immédiatement l’évènement sur le dos des clans rivaux, persuadés que ce ne pouvait être qu’eux, puisqu’après tout il n’y avait qu’eux dans la ville ! Les assemblées devinrent glaciales. On appliqua la tolérance zéro pour les sang-mêlés, qu’on appela les bâtards et qu’on noya sans état d’âme. Les ventres ne cessaient de crier famine. Les femelles se lamentaient, pleurant que le Clan des Etoiles les avait tous abandonnés. Peu à peu, les chefs cessèrent d’en appeler aux ancêtres, et plus personne ne finit par aller en pèlerinage dans leur nouveau lieu de culte : la religion s’effondrait. On finit par n’aller aux assemblées que pour savoir quand les autres clans étaient les plus affaiblis, et donc quand on pouvait aller voler leurs proies, pour reprendre soi-même des forces.
Et derrière les colonnes des édifices, derrière les cheminées, perchés sur les toits, les Vagabonds, maîtres des lieux, ricanaient doucement, jugeant qu’un spectacle de guignols était le meilleur digestif possible après les festins qu’ils s’offraient chaque jour.
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